Leçon de Cinéma

Leçon de cinéma

La leçon de cinéma sera construite autour de la filmographie de Fernando Pérez et singulièrement autour de sa participation comme jeune réalisateur aux « Noticieros Latinoamericanos » produits des années 60 aux 90 à Cuba.

Vendredi 9 mars de 14h à 16h30  au Cinéma Jean Eustache
dans le cadre du stage de cinéma, ouverte au public (Entrée / public : 5€)

Que montrent ces images ? En quoi sont-elles exceptionnelles ?

En espagnol, « noticiero » signifie « actualité cinématographique » ou « journal télévisé ». Le fonds restauré par l’INA (France) et l’ICAIC (Cuba) regroupe 1 490 journaux télévisés et d’émissions, soit 15 000 minutes de films, produits et diffusés chaque semaine entre juin 1960 et juillet 1990, dans les salles de cinéma cubaines. Leur valeur historique, artistique et patrimoniale est exceptionnelle. Classés Trésor national de Cuba, les noticieros ont été inscrits par l’Unesco au registre des Mémoires du monde en 2009. « Nous avons là trente ans d’actualités, filmées non pas seulement à Cuba, mais dans le monde entier », résumait en juillet Pablo Pacheco Lopez, vice-président de l’ICAIC. La guerre d’Algérie, le Vietnam, les luttes sociales, Mai 68, le combat des afro-américains pour les droits civiques, « Che » Guevara et Fidel Castro en plein discours : les images sont fortes et puissantes. Des actualités, forcément orientées au service du nouveau processus cubain, qui « témoignent d’une époque révolutionnaire », explique Eduardo Torres Cuevas, directeur de la Bibliothèque nationale de Cuba.

Le cinéaste cubain Fernando Pérez, réalisateur de « La vida es silbar » et de « Suite Habana », couronné par de nombreux prix internationaux, attribue son succès à ses années passées à produire le « Noticiero Latinoamericano » aux côtés de Daniel Díaz Torres et Rolando Díaz, sous la houlette du maître du montage Santiago Álvarez. De 1974 à 1984, il participe au tournage et au montage de plus de 20 Noticieros qui tentent de rompre avec la « monoforme » des actualités cinématographiques, préférant baser leur discours sur l’enquête participative et sur l’autonomie relative de l’image et du son.

Thierry Deronne s’est inspiré de cette expérience lorsqu’il cofonda une télévision publique et participative en 2005 au Venezuela (Vive TV), formant une équipe de jeunes réalisateurs autour d’un noticiero largement inspiré de celui de l’ICAIC. Par ailleurs et depuis 20 ans il a organisé des centaines d’ateliers de formation à un cinéma collectif, populaire, fait par et pour les gens, au sein de l’École Populaire et Latino-américaine de Cinéma, Télévision et Théâtre.